Assise dans le
bus, plongée dans un livre. La sonnette retentit et voilà qu’il monte…Grand,
musclé, bronzé, séduisant avec d’immenses yeux verts et des cheveux châtains. Je
le regarde du coin de l’œil me sourire. On dit que l’attirance instantanée n’a
besoin que d’un flash ou d’un regard. Une émotion éphémère qui ne dure pas plus
longtemps qu’un flash, Souvent accompagné d’émotions intenses qui donnent l’impression
de flotter sur un nuage.
Je crois que c’est
ce qui m’est arrivé ce jour-là. Je ne le connaissais pas et pourtant j’eus une
soudaine envie de le connaitre. Je feignis être absorbée par mon livre alors
que ce n’était pas du tout le cas. Sa démarche, son style, et son sac en bandoulière me donnaient l’impression
qu’il était un artiste. Qui sait c’est peut-être que son sac regorgeait de
croquis. Et je me mise à imaginer quel genre de vie il a, les conversations qu’on
aurait pu avoir…C’est fou ce qu’on peut donner libre recours à notre
imagination quand on ne connait pas quelqu’un !
Dans un état de rêverie,
je ne m’aperçois même pas qu’il s’est assis tout juste à côté de moi jusqu’à ce
que son épaule frôle le mien. Je leve les yeux et je croise son regard. Ses
magnifiques yeux verts ne manquent pas de m’éblouir au passage. J’ai tant de
choses à lui dire et pourtant aucun mot ne semble sortir de ma bouche. Un temps
indéfini s’écroule pendant lequel ma frustration grandit. « Et si je dis une connerie ? », me demandai-je. Il
me parle, je bois ses paroles bien que je ne comprends rien.
« Je n’existe que dans la mesure où j’existe
pour autrui, à la limite : être c’est aimer », a un jour avancé le philosophe français Mounier Emmanuel. Il
est tellement difficile d’aborder un inconnu surtout quand l’inconnu s’avère être
un bel homme. Bien que nous ayons ce désir, cette curiosité d’apprendre à
connaitre l’autre, notre timidité et la
peur du rejet nous désarment à tel point parfois que nous nous contraignons à
la retenue et ne pas oser franchir le pas. Dans mon cas, je m’étais contrainte à
me taire et à sourire bêtement.
Et puis il y a
aussi la question de : « et si
je l’aborde et il s’avère être tout le contraire de ce à quoi je m’attendais? ».
Parfois on s’éblouit d’un regard, on s’emballe et puis on finit par être déçu
de ce que l’on découvre. On se fait tout un film et la désillusion est tout
aussi amère que l’éblouissement fut doux. On se rend compte qu’on a craqué pour
la personnalité qu’on a inventée pour l’autre. Notre attachement était basé sur
une personne fictive.
Les minutes défilèrent
pendant lesquelles il me parlait de la pluie et du beau temps. Une conversation
tellement futile et pourtant j’étais heureuse. Aucun doute je semblais lui plaire aussi. J’étais
sur un petit nuage bien qu’il n’était ici pas question de sentiment. Il était claire
que j’étais attirée mais rien de plus, rien de moins.
C’est fou de nos
jours on confond souvent l’amour et l’engouement. Ils sont nombreux à clamer être
amoureux dès qu’ils croisent un personne séduisante alors qu’ils sont juste épris.
L’amour c’est bien plus que cela. L’entichement est un état engendré par l’attirance
qui est un état éphémère. Or, aimer c’est être la meilleure amie de l’autre
tout en étant bien plus que cela. C’est connaitre ses qualités et ses défauts
et l’accepter tel qu’il est. Et parfois même trouver ses défauts bien plus
attrayants car c’est ce qui le rend unique. C’est se sentir épanouie et capable
de tout lui raconter. C’est le regarder avec une lueur dans les yeux et se dire
avec confiance que c’est avec lui que se trouve notre bonheur.
En rentrant ce
jour-là j’étais tout sourire. Cette rencontre est restée gravé dans ma tête. J’ai
eu l’impression d’avoir vécu une histoire bien qu’elle fut éphémère. Juste le
bonheur d’avoir rencontré quelqu’un qui m’a plu et le plaisir d’avoir plu. Peut-être que cette rencontre n’allait pas être aussi parfaite si j’avais
pris le temps de le connaitre. Peut-être alors aurai-je appris des choses qui m’auraient
déplu. Mais qu’importe ce n’était qu’un fantasme. Soren Aabye Kierkegaar a un
jour déclaré : « A chaque femme
correspond un séducteur. Son bonheur, ce n’est que de le rencontrer… »
Credit photo : Internet
C'est mon histoire. A ceci près que je regrette constamment ne pas avoir pris le numéro, même si je me dis que ça n'aurait pas été pareil, que ça aurait pu être décevant... Relativisons :)
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